Le clonage humain serait devenu
concevable depuis 1997 par la secte de Raël et plus récemment par un gynécologue, le docteur Severino Antinori
- 26 décembre 2001 : naissance éventuelle d'un premier bébé clone d'un couple d'Américains,
prénommée "Eve", grâce à Clonaid .
- 3 janvier 2002 : Mme Boisselier, présidente de Clonaid annonçait la naissance d'un
deuxième clone qui serait venu au monde par voies naturelles. Ses parents seraient deux mamans homosexuelles de Hollande. Cependant ces deux "clones" ne sont pas scientifiquement
reconnus.
- 6 avril 2002 : Severino Antinori aurait annoncé qu'une femme serait enceinte de huit
semaines d'un embryon humain cloné.
- Avril 2002 : le docteur Antinori retarde l'échéance de son pari : le premier bébé cloné
naîtra selon lui à la fin de l'année 2002. Selon lui des femmes soviétiques sont enceintes.
- Mai 2002 : les spéculations quant au clonage du premier être humain vont de bon train.
Alors que le docteur Severino Antinori assurait il y a moins d'un an que le premier bébé cloné naîtrait à l'automne 2001 (ce qui ne s'est pas produit), un de ses ex-collaborateurs dissidents
affirme à son tour que des clones humains verraient le jour en 2003.
- 16 août 2002 : le professeur Xu Rongxiang, biologiste a révélé à la presse que son équipe
de recherche et lui-même auraient accompli le clonage de 55 organes sur place ou en dehors du corps humain ou animal, et qu'ils accompliraient le clonage des 151 autres organes d'ici 5ans (= en
2007).
Possible ?
La technique du clonage, simple en théorie, est dans la réalité très compliquée et aléatoire : pour obtenir une brebis Dolly, il a fallu créer plus de 250 clones par le recueil dun nombre encore plus grand dovocytes. Aujourdhui, il nest pas encore possible de cloner certains animaux, cependant les moutons, les vaches, les porcs, les chèvres et les souris sont « clonables » avec des fortunes diverses. Par clonage, on obtient rarement plus de 1 % de naissances vivantes, très souvent associées à diverses anomalies génétiques, physiologiques et psychiques.
De même, les recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines rencontrent elles aussi des difficultés. Une publication de « Nature Biotechnology » de janvier 2004 révèle en effet qu une lignée de ces cellules utilisées en recherche se révèle à long terme instable en culture. Après six mois de croissance, ces cellules présentent un excès de chromosomes 12 et 17. Pourtant, cette lignée, considérée comme stable et dépourvue danomalie chromosomique, avait reçu lagrément du NIH américain avant dêtre distribuée dans 150 laboratoires dans le monde. Cette découverte remet en cause pour certains chercheurs le développement de stratégies thérapeutiques faisant appel aux cellules souches embryonnaires.
clonage reproductif
En pratique, pour obtenir un clone, les scientifiques prélèvent un ovule d'une femelle
qu'ils vident de son noyau et donc du patrimoine génétique de la «mère», pour le remplacer par de l'ADN d'une cellule adulte de l'animal à cloner. Un choc électrique doit ensuite entraîner la
division. Si tout va bien, l'oeuf devient un embryon qui peut être implanté dans l'utérus de la mère. Afin que les cellules se divisent correctement, les chromosomes doivent se dupliquer entre
eux, puis se diviser. Dans le cadre d'une reproduction humaine, si les chromosomes ne se divisent pas convenablement, cela peut aboutir à une malformation, comme la trisomie, ou à un
avortement.
Pour la majorité des espèces, le clonage na pas encore été réussi, ou bien il sest limité
à une expérience non reproduite. Pour les autres, le taux de succès est faible (environ 2%). La principale explication reste la fausse couche, même si lembryon est correctement implanté dans
lutérus. Après la naissance, on constate une forte mortalité, surtout dans les premiers jours.
On a par ailleurs constaté un raccourcissement anormal des chromosomes. Il est admis que la
taille des chromosomes diminue avec lâge. Dans le cas des animaux clonés, la longueur de leurs chromosomes correspond à celle dun animal qui aurait « cumulé » son âge et celui de lanimal dont
il est le clone. Autrement dit, on crée des animaux «nés vieux » dun point de vue génétique. Cependant, lanimal présente toutes les caractéristiques physiques propres à son âge réel.
Les risques :
La technique de dupliquer le matériel génétique et de le faire proliférer dans la nature
induit une dangereuse réduction de la diversité génétique. Les risques sont nombreux : ralentissement de lévolution des espèces, diminution de ladaptabilité à lenvironnement, réduction de la
diversité génétique
clonage thérapeutique
D'une manière générale, le clonage thérapeutique s'intéresse au développement des cellules
de l'embryon. Comme pour le clonage reproductif, on envisage :
- de prendre le noyau d'une cellule somatique de l'individu nécessitant une
greffe
- de transférer ce noyau dans un ovocyte
- d'activer l'embryon ainsi obtenu de manière à ce qu'il se développe
- d'arrêter son développement au stade blastocyste
- de prélever les cellules embryonnaires souches
- de les mettre en culture
- puis de les faire différencier dans le tissu voire l'organe nécessaires à la
greffe.
Mais on peut aussi utiliser des cellules souches embryonnaires issues de la culture des
lignées de cellules souches déjà existantes ou des lignées qui pourraient être créées dans l'avenir.
Cependant cette technique nest pas tout à fait au point car :
- lors dune différenciation de cellules in vitro, il ny a pas 100 % de cellules
musculaires ni 100 % de cellules nerveuses par exemple, mais on obtient généralement une population hétérogène de cellules. Il faudrait donc trouver des technologies pour pouvoir trier et isoler
les cellules : obtenir des cultures pures nest pas évident. Cela nécessite des milieux différents pour chaque culture, par exemple pour le sang embryonnaire, etc.
- les cellules peuvent rester embryonnaires et ne pas se différencier. Une cellule ES
(Embryonnaire Souche) est tumorigène et peut donc provoquer un cancer. Greffer une seule cellule non différenciée chez un homme serait donc très grave.
- lisolement des cellules ES coûte une fortune, car il sagit de haute
technologie.
Cependant comme limmunologie et les traitements anti-rejet font des progrès, il sera
peut-être plus simple détablir des banques de cellules ES à partir de banques dembryons surnuméraires. Quand un patient est en attente de greffe, on recherche les cellules ES avec un complexe
dhistocompatibilité proche du patient puis on effectue une différenciation jusquà lobtention des tissus ou de lorgane désirés. On établit une greffe avec atténuation du traitement anti-rejet.
Pour une population caucasienne, statistiquement 10 à 50 lignées de cellules ES suffiraient pour permettre de traiter lensemble des patients.
Tout lintérêt du clonage dit thérapeutique (qui naboutit pas à un embryon viable) est de
pouvoir fabriquer nimporte quelle sorte de cellules. En effet les cellules souches ont le pouvoir de se différencier en nimporte quelle cellule du corps humain. Mises sur los elles deviennent
cellules osseuses, dans le foie, cellules hépatiques, dans le cerveau des neurones. Aucun risque de rejet, de surcroît, puisque ces cellules sont en tout point identiques à celles du receveur.
Certains y voient donc la médecine du futur.
Les deux principales techniques
En ce qui concerne le clonage humain, on distingue deux techniques
principales.
Le clonage embryonnaire peut tout d'abord se faire par scission gémellaire de luf
fécondé, qui permet dobtenir plusieurs individus jumeaux, possédant le même code génétique. Un embryon à un stade précoce de son développement (quatre cellules, par exemple) est scindé en ses
différentes cellules. Chacune se développe alors en autant dindividus viables et identiques.
Une autre technique consiste à prélever le noyau dune cellule différenciée et à limplanter
dans un ovule énuclée. La cellule uf obtenue possède alors un patrimoine génétique identique à celui du donneur. Elle va se développer comme un embryon. Cette technique est capable, en théorie,
de produire de grandes quantités dindividus génétiquement identiques. Cest principalement à cette technique que nous allons nous intéresser dans ce TPE.
Rectification
"On croyait qu'il avait réussi le premier clonage humain. Aujourd'hui on sait que le Dr
Hwang, chercheur sud-coréen a falsifié ses résultats. [...] Il aurait truqué au moins neuf des onze lignées de cellules qu'il avait, selon ses dires, fabriquées dans l'année. Ses travaux, publiés
en mai 2005, avaient été salués comme une avancée majeure parce qu'ils semblaient rapprocher le jour où les scientifiques pourront fabriquer "sur mesure" des cellules souches compatibles avec les
gènes d'un individu donné. [...] Selon les premières conclusions des investigations rendues publiques le 23 décembre, l'équipe de Hwang a fait croire qu'elle avait réussi à cloner des cellules
humaines en plaçant tout simplement des cellules provenant d'un même patient dans deux tubes à essai dfférents et en les soumettant à des tests ADN dont les résultats ont bien entendu été
identiques. [...] Cette fraude, une des plus importantes de l'histoire des sciences, sonne-t-elle le glas de la recherche dans ce domaine ? Sans doute pas... En grande Bretagne, en Chine et
ailleurs dans le monde, la course au clonage thérapeutique continue de plus belle. Et la communauté internationale demeure toujours incapable de décider d'un cadre éthique
général."
Extrait de Courrier International n°792